Dernièrement, j’ai vu plusieurs personnes me demander comment invoquer un esprit avec un verre. La méthode dont elles parlent est généralement une pratique de spiritisme appelée parfois « jeu du verre ».
Pour la réaliser, il faut un verre léger, une table stable, des feuilles avec les lettres de l’alphabet et les réponses « OUI » et « NON ». On place le verre retourné au centre, les participants posent légèrement un doigt dessus, puis une personne ouvre la séance et pose les questions. Si le verre se déplace, son mouvement est interprété comme une réponse.
Voilà pour la réponse directe.
Mais puisque je suis Mio Kadajavi, prêtre du Fâ, féticheur et dignitaire Vodun au Bénin, je veux aller plus loin que la simple recette que l’on retrouve partout sur Internet. Je vais t’expliquer comment cette pratique se déroule concrètement, puis ce qui distingue cette expérience populaire d’une invocation dans une tradition spirituelle.
Si ta recherche concerne plutôt une démarche spirituelle personnelle, tu peux également consulter ma [Consultation du Fâ en ligne] ou, lorsqu’il s’agit spécifiquement de maraboutage, ma page [Maître marabout du Bénin].
Comment faire la séance du verre étape par étape ?
1. Préparer l’espace
Je conseille de choisir une table stable, dans un endroit calme où les participants ne seront pas constamment interrompus.
Il ne faut pas chercher à créer artificiellement une ambiance terrifiante.
Le but est de pouvoir observer tranquillement ce qui se passe.
Tu peux placer une feuille au centre de la table et écrire autour du verre :
OUI — NON
Puis disposer les lettres de l’alphabet autour.
Par exemple :
A B C D E F G H I J K L M
N O P Q R S T U V W X Y Z
Tu peux également utiliser des chiffres si les participants souhaitent poser des questions auxquelles une date ou un nombre pourrait répondre.
2. Placer le verre
Prends un verre léger et propre.
Retourne-le, de manière que son ouverture repose sur la table.
Les participants s’installent autour.
Chacun peut poser légèrement l’extrémité d’un doigt sur le fond du verre.
Il ne faut pas appuyer fortement.
3. Désigner une personne pour conduire la séance
C’est un détail que je trouve important.
Une séance devient rapidement confuse lorsque cinq personnes parlent en même temps.
Je préfère qu’une seule personne pose les questions.
Elle peut commencer simplement :
« Nous ouvrons cette séance avec respect. Si une présence souhaite communiquer avec nous, qu’elle se manifeste. »
Ensuite, on attend.
Il ne faut pas immédiatement pousser le verre vers une lettre parce qu’on veut obtenir une réponse.
4. Commencer par une question simple
La première question doit pouvoir recevoir une réponse claire.
Par exemple :
« Y a-t-il une présence qui souhaite communiquer avec nous ? »
Puis :
« Si oui, peux-tu déplacer le verre vers OUI ? »
Si le verre se déplace vers « OUI », les participants peuvent continuer.
Mais je conseille de ne pas commencer directement par des questions très personnelles ou dramatiques.
Commence par observer le déroulement de la séance.
5. Demander une identité
Si une présence est supposée répondre, on peut demander :
« Comment dois-je t’appeler ? »
Le verre peut alors se déplacer vers différentes lettres.
Les participants notent les lettres dans l’ordre.
Par exemple :
A → N → A
Ils peuvent interpréter cela comme le prénom « Ana ».
Mais attention : il s’agit d’une interprétation de la séance, et non d’une preuve indépendante que l’entité portant ce nom est réellement présente.
6. Poser ensuite les questions
Une fois le principe compris, les participants peuvent poser leurs questions.
Je recommande de faire des questions courtes.
Par exemple :
« Es-tu un ancêtre ? »
« Connais-tu cette personne ? »
« Veux-tu continuer à communiquer ? »
Si la réponse doit être plus complexe, on peut utiliser les lettres.
Le conducteur note alors les déplacements du verre sans modifier volontairement sa trajectoire.
Ce que je considère comme important dans cette pratique
C’est ici que mon expérience de praticien m’amène à faire une distinction.
Le déplacement du verre ne suffit pas pour affirmer qu’un esprit est présent.
Les participants peuvent ressentir quelque chose de très impressionnant, surtout lorsque le verre commence à se déplacer rapidement.
Mais des mouvements involontaires peuvent également déplacer l’objet. C’est ce que les spécialistes appellent l’effet idéomoteur.
Je ne considère donc pas qu’il soit sérieux de dire :
« Le verre a bougé, donc nous avons obligatoirement invoqué un esprit. »
Ce serait aller beaucoup trop loin.
Pourquoi je ne confonds pas cette méthode avec le Vodun
Je pratique le Vodun et le Fâ au Bénin, et je tiens à cette distinction.
Une séance improvisée autour d’un verre n’est pas automatiquement une cérémonie Vodun.
Dans les traditions Vodun, les relations avec les divinités, les ancêtres et les forces spirituelles s’inscrivent dans des cadres traditionnels particuliers, avec des connaissances, des objets, des paroles, des interdits et des modes de transmission qui ne peuvent pas être résumés à un verre posé sur une table.
C’est également pourquoi je ne présenterais pas cette expérience comme une consultation du Fâ.
Le Fâ possède son propre système divinatoire et ses propres instruments.
Peut-on faire cette pratique seul ?
La méthode populaire est parfois réalisée seul, mais elle devient alors encore plus difficile à interpréter puisque la personne qui pose la question est également celle qui tient le verre.
À plusieurs, les participants peuvent au moins comparer leurs observations.
Mais dans les deux cas, le même principe demeure : un mouvement du verre n’est pas une preuve scientifique de la présence d’un esprit.
Si tu pratiques cette expérience par curiosité, considère-la donc comme une expérience spirituelle ou culturelle et ne prends pas une réponse obtenue par le verre comme une certitude concernant ta santé, ton avenir ou une décision importante.
Et si tu veux réellement travailler avec les esprits ?
Là, nous sortons de la simple méthode du verre.
C’est précisément la raison pour laquelle je préfère demander :
Quel esprit ? Quelle tradition ? Quel objectif ?
Une personne qui souhaite contacter un ancêtre ne formule pas nécessairement la même demande qu’une personne qui cherche une divinité ou une autre entité.
Dans ma propre pratique, je ne considère donc pas que « invoquer un esprit » soit une technique unique.
Le verre peut servir de support dans une pratique populaire de communication.
Mais une démarche traditionnelle est beaucoup plus dépendante de la tradition concernée et de la connaissance de celui qui la conduit.
En résumé : comment invoquer un esprit avec un verre ?
Si tu parles de la méthode populaire du verre, voici le principe :
1. Prends un verre léger.
2. Retourne-le au centre d’une table.
3. Dispose les lettres de l’alphabet et « OUI / NON » autour.
4. Les participants posent légèrement un doigt sur le verre.
5. Une personne dirige la séance.
6. Elle demande si une présence souhaite communiquer.
7. Elle observe le déplacement du verre.
8. Les lettres vers lesquelles il se déplace sont ensuite interprétées comme une réponse.
C’est la méthode populaire recherchée par la plupart des internautes lorsqu’ils tapent cette requête.
Mais si tu recherches une véritable pratique traditionnelle d’invocation, ne confonds pas cette expérience avec le Vodun, le Fâ ou le maraboutage : chacun possède ses propres cadres et ses propres méthodes.
Pour aller plus loin dans une démarche personnelle, tu peux commencer par ma [Consultation du Fâ en ligne] ou, si ta demande concerne spécifiquement le maraboutage, consulter [Maître marabout du Bénin].